Biographie

Émilie Proulx est une chercheuse. De liens, de sons et de sens. Figure marquante et discrète de la scène alt-folk québécoise depuis 2007, l’autrice-compositrice-interprète et multi- instrumentiste conçoit la musique comme une fenêtre, un miroir honnête, comme une partenaire avec qui dialoguer pour mieux comprendre ce qui la dépasse. La musique pour rencontrer l’autre et gagner l’accès à soi. Ou en sortir. Au fond, peut-être les deux à la fois.

Reconnue pour sa façon de choisir ses mots afin de donner du souffle aux choses intérieures et aux contradictions, Émilie Proulx se trouve et se retrouve sur le terrain de l’intime et de l’universel, entremêlée dans le fil imaginaire qui pourrait relier Gillian Welch, Beth Gibbons, Talk Talk et Nirvana. La voix sensible, aérienne bien que terrestre, elle s’imprime délicatement là où elle se dépose. Investie dans une démarche DIY parce qu’elle le peut et qu’elle le veut ainsi, la musicienne apprécie l’exploration minutieuse autant que le résultat. Son rapport à la création en est un, mature, de soif et de nécessité. Fascinée par la mémoire et sa mécanique complexe, infinie, elle puise une large part de son inspiration dans la poésie et les essais qu’elle consomme avec ferveur. Au détour d’un effet, d’une contre-mélodie ou d’un soupir, ces derniers s’invitent dans sa musique comme dans son existence, qu’elle rêve paisible malgré les remous.

Avec quatre sorties musicales à son actif — Dans une ville, endormie (2007), La lenteur alentour (2009), Montagnes russes, mini-tsunamis (2011) et Tu pourras te reposer (2019) — l’artiste évolue ainsi, constante, en filigrane des saisons qui passent et se taille une place dans les palmarès saluant les albums de l’année et de la décennie (La Presse, Le Devoir, Voir). Au gré d’une carrière établie, agrémentée de nominations au GAMIQ et pour le prix Félix-Leclerc de la chanson, elle alterne entre cette solitude qu’elle chérit et son besoin de connexion à travers le jouer ensemble. Sur scène, dans cette bulle vibrante et habitée qu’elle considère comme un havre, on a pu la voir aux Francofolies de Montréal, Festival d’été de Québec, à Coup de cœur francophone, à la Franco-fête en Acadie, aux Trois Baudets à Paris, en finale des Francouvertes et un peu partout au Québec, notamment dans le cadre de la tournée découverte ROSEQ.

Parallèlement à sa trajectoire en solo, elle met sa vision et ses talents au service des autres, tantôt comme réalisatrice et ingénieure du son, tantôt en tant que bassiste, guitariste et choriste pour des artistes tels que Maude Audet, Catherine Leduc, Willows et Navet Confit.

Émilie Proulx planche actuellement sur La nuit, les échos, un nouveau maxi qui verra le jour à l’été. Le reste du temps, on pourrait l’apercevoir quelque part, en train de vivre sa vie. Complice, solitaire, maternelle, curieuse. À la recherche, sans cesse, de la beauté dans les recoins.

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