Paroles

LA LENTEUR ALENTOUR

Toute seule
Les résolutions s’empilent
Entre l’écran et moi
Mes soirs défaits et vides
Le coeur à côté
Le jour m’étourdit à peu près
J’écoute Rock Mat et les néons
Je travaille trop fort de mon bord
Saoûle de job, saoûle encore
Mais toute seule
Toute seule jusqu’à la fin des temps
Toute seule je sais pas, je sais plus c’que j’attends
J’me perds souvent au centre-ville
Au milieu des possibles
Dans une vitrine j’ai vu passer
Ma vie à côté
Toute seule
Toute seule jusqu’à la fin des temps
Toute seule je sais pas, je sais plus c’que j’attends.

Sortir de là
Mon cœur en morceaux suspendus
Aux choses qui ne changent pas
La lenteur alentour
La chambre tourne au ralenti
L’appart a comme un air de déjà vu
Dehors le monde ne me ressemble pas
Étrangère partout
La vue par la fenêtre m’étourdit
Me sortir de là
Un tour dans la réalité
Déshabillée
Les passants me disent tous la même chose
Étouffés surtout par la politesse
Et presque n’importe où
Le conformisme sourit dans le vide
Me sortir de là
Me sortir de là

Comme dans un bureau beige et gris
J’me sens aujourd’hui comme avant
Comme dans un bureau beige et gris
Me sauver ailleurs autrement
Mais pour aller où?
Devenir qui?
Peut-être mieux de rester là
D’apprendre à vivre avec le doute
Et mettre un pas devant l’autre
Et quitte à passer par le champ
Un tour dans l’décor, pourquoi pas
Pourvu que tu sois là.

Demain peut-être
Aller valser dans les bras d’un sac à vidange
Ou porter un beau suit sans montrer qu’ça m’dérange
De travailler à temps plein
Et crever d’faim
Retourner aux études pour 3 ans et demi
Apprendre à m’endetter pour c’qui m’reste de vie
Avoir des rêves à payer
Une raison d’exister
Partir en voyage faire le tour de la terre
Comprendre un peu mieux c’que j’fais dans l’univers
À fuir sans arrêt
Mais qu’est-ce qui s’passe après ?
Ou rester assise, mon crayon made in China
Sur le papier jauni d’mon cahier Canada
Essayer d’oublier
Mon futur composé
Demain peut-être…

L’espoir de passage
Me jeter en bas du lit
Un saut dans le vide de ma vie
Mais atterrir dans tes bras
L’espoir de passage qui m’avait manqué
Manqué à l’appel que j’avais lancé
Retrouver dans tes yeux
Le goût d’aller mieux
Les heures assise ici
Les journées passent pas
Je m’enlise à mesure
Sur YouTube et tout ça
Les nouvelles se font rares
Le monde vire à l’envers
Des amis se séparent
Les rêves s’empoussièrent
Tout tourne au ralenti
On trouve de temps en temps
L’espoir de passage
Qui là s’étiole justement
Le réconfort au fond
À trouver ça et là
Un seul mot qui éclaire
Dans tes yeux, dans tes bras.

En Tercel dans le fond d’un rang
Montréal encore une année
Mais plus tout à fait comme avant
Tu rêves surtout de t’en aller
Tu penses à ça en attendant
Regarde la neige à la télé
C’est mieux que c’qui passe en même temps
Pendant que les heures se déroulent
Comme un tapis au ralenti
Tu t’en fais encore un peu trop
(Mais) t’oublies d’oublier par moment
Souvent tu t’envoles en métro
La tête ailleurs comme y’a dix ans
En Tercel dans le fond d’un rang
À te repasser Laughing Stock
Nager dans le noir de l’asphalte
Jusqu’à la fin de la cassette.

La poussière
J’sais pas si c’est la gêne, si c’est l’orgueil
L’amitié qui se traîne dans son cercueil
J’sais pas si c’est comme ça quand on devient vieux
J’sais pas vraiment quoi faire pour aller mieux
J’devrais aller te voir, t’appeler, t’écrire
J’devrais avoir plein de choses à te dire
Mais c’est pas le cas, pas le cas, c’est triste
J’me sens vraiment, vraiment touriste
Dans ma propre vie
Pas si propre aujourd’hui
La poussière d’une année
À mordre sur le combiné
À chasser du carnet
Pour y trouver après
Ton numéro déconnecté
Mon nom que tu as oublié
Et cent milles raisons
Et la même chanson

Perdue entre la certitude et la nage synchronisée dans le doute
Passer des années immobiles
À fixer dans le vide l’ordinaire
En voyage désorganisé
Dans la brume des années
Perdue entre la certitude
Et la nage synchronisée dans le doute
Peut-être bien que dans le gris
Juste bien dans le gris
Je cherche tu cherches alentour
Quelqu’un ou quelque chose en noir et blanc
Où mettre ta tête et ton coeur
Où mettre ton coeur qui attend.

Juste un moment
Juste un moment
Un appel dans la nuit
Qui change tout
Ça y est
Ça y est tu perds ton père
Tu perds ton père
Bientôt ça fait vingt ans
Que tu t’habitues pas
L’absence qui persiste
Te transperce autant
Qu’avant
Juste un moment
Et tout verse autour

DANS UNE VILLE, ENDORMIE

Des horreurs au hasard
Use un crayon sur ma tête fatiguée
Invente des horreurs au hasard
Donne tout c’que j’suis, donne tout c’que j’ai
Échange mon cœur pour un code barre
Un code barre
Pleure encore un peu, ya tous ces verres à emplir
Y mettre 200 tempêtes, rouges et noires
Les larmes ça donne soif, j’suis pas près d’en finir
Même avec le temps, c’est comme amer à boire
Creuse ma tête
Trouble ma fête
Échange mon cœur
Contre un verre de bonheur

Que passent les heures
Que passent les heures
Ou qu’on m’emmène ailleurs
Dans une ville endormie
Dans une ville endormie
Je tapisse mes peurs
J’attends que les murs meurent
Pour me sortir d’ici
Pour me sortir d’ici
Je rêve d’apesanteur
De musique d’ascenseur
De plafonds démolis
De plafonds démolis
Ressasse sans chaleur
Des idées de grandeur
Mon courage qui s’enfuit
Mon courage qui s’enfuit

Le calme du temps qui s’arrête
Ne me console que le calme du temps qui s’arrête
Parce qu’il ne peut plus avancer comme ça
Ma vie n’a nulle part où aller et je devrais sourire ?
Mais on me dira quoi penser à la radio, à la télé…
Et mes mains cherchent à s’agripper, à quelque chose autour
Un peu de sens avant que ne m’arrache le temps qui passe

Les masques tombent
M’endormir sur mon propre film
À force de fermer les yeux
Sur ma conscience un peu tranquille
Sur mes visages malheureux
Me déserter pour oublier
Combien j’oublie chaque seconde
Jusqu’à ce que mon horoscope
Prédise des heures moins longues
Mais le maquillage coule
Et puis les masques tombent
Au milieu de la foule
Dans mes yeux milles tombes
Comme un coma duquel sortir
Une torpeur, un somnifère
Le désespoir à contredire
Et le bonheur à contrefaire
Mais le maquillage coule
Et puis les masques tombent
Au milieu de la foule
Dans mes yeux milles tombes
Trouver mon cœur mal isolé
Briser la peur qui l’enfermait
Passer les portes déformées
Casser les portes désormais.

La peur me montre vers où aller
La peur me montre vers où aller
Quelque part au fond de mon cœur
Mais je me sauve de l’autre côté
Trop peur d’avoir peur d’avoir peur d’avoir peur
La tristesse au coin de la bouche
Comme un brin d’herbe à allumer
Mais le regard que rien ne touche
Dans un costume démodé
La peur me montre vers où aller.

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